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{"id":6605,"date":"2015-05-26T09:35:20","date_gmt":"2015-05-26T15:35:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.csj.ualberta.ca\/imaginations\/?p=6605"},"modified":"2016-01-13T11:32:07","modified_gmt":"2016-01-13T18:32:07","slug":"compe-rendu-book-reviews","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/imaginations.space\/?p=6605","title":{"rendered":"Comptes rendus | Book Reviews"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\" https:\/\/imaginations.space\/?p=6547\"><em>Imaginations<\/em> 6-1 | Table\u00a0des mati\u00e8res<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>ALBERT \/\/\u00a0PENDLEBURY<\/strong> | <em> <a href=\"#Albert-Pendlebury\">CONSERVATION IN THE AGE OF CONSENSUS<\/a>\u00a0| <\/em><a href=\"https:\/\/imaginations.space\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/6.1_ALBERT_107-108.pdf\">Pendlebury PDF<\/a><\/p>\n<p><strong>BESSON \/\/\u00a0TRELEANI <\/strong>| <em><a href=\"#Besson-Treleani\">M\u00c9MOIRES AUDIOVISUELLES. LES ARCHIVES EN LIGNE ONT-ELLES UN SENS ?<\/a>\u00a0<\/em>| <a href=\"https:\/\/imaginations.space\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/6.1_BESSON_109-110.pdf\">Treleani PDF<\/a><\/p>\n<p><strong>CROTEAU \/\/\u00a0BEGHAIN <\/strong>| <em><a href=\"#Crouteau-Beghain\">PATRIMOINE, POLITIQUE ET SOCI\u00c9T\u00c9<\/a>\u00a0<\/em>| <a href=\"https:\/\/imaginations.space\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/6.1_CROTEAU_111-113.pdf\">Beghan PDF<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h2 id=\"Albert-Pendlebury\"><strong>PENDLEBURY, JOHN. <\/strong><strong><em>CONSERVATION IN THE AGE OF CONSENSUS<\/em><\/strong><strong>. <\/strong><strong>LONDRES, NEW YORK\u00a0: ROUTLEDGE, 2009. IMPRIM\u00c9.<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"cb-dropcap-small\">\u00c0<\/span> quelques exceptions pr\u00e8s, l\u2019ensemble des \u00c9tats repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019UNESCO a ratifi\u00e9 la Convention du patrimoine mondial.<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Albert_Pendlebury_conservation%20in%20the%20age%20of%20consensus.docx#_edn1\">[1]<\/a> D\u2019o\u00f9 vient ce consensus pourtant si rare parmi la communaut\u00e9 internationale\u00a0? C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment celui-ci que se propose d\u2019examiner John Pendlebury dans son ouvrage <em>Conservation in the Age of Consensus <\/em>(2009), pour ensuite r\u00e9v\u00e9ler les tensions sociales, \u00e9conomiques et historiques qu\u2019il masque. C\u2019est essentiellement le patrimoine b\u00e2ti, relevant du territoire britannique, qui int\u00e9resse cet ancien agent de conservation, dans une approche alliant la r\u00e9flexion th\u00e9orique \u00e0 des cas pratiques de conservation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Correspondant aux chapitres 2 \u00e0 5, la premi\u00e8re moiti\u00e9 de l\u2019ouvrage revient chronologiquement sur les \u00e9v\u00e9nements qui ont marqu\u00e9 la conservation en Grande-Bretagne depuis l\u2019apparition des associations de d\u00e9fense du patrimoine aux environs de 1920, jusqu\u2019aux diff\u00e9rents programmes et politiques mis en place sous le r\u00e8gne des conservateurs britanniques (1979-1997). Le second chapitre fait un portrait d\u00e9taill\u00e9 des pratiques de conservation dites \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb \u00e0 la fois telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites et pratiqu\u00e9es par Eug\u00e8ne Violet-le-Duc, Johann Joachim Winckelmann et Alois Riegl et telles qu\u2019elles furent d\u00e9fendues par certains groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat dans les ann\u00e9es 1960. Au troisi\u00e8me chapitre, Pendlebury se penche sur la place croissante qu\u2019occupera l\u2019\u00c9tat dans les pratiques de conservation de 1920 \u00e0 1960, pour enfin arriver aux ann\u00e9es 1970 o\u00f9 la conservation est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9e par l\u2019\u00c9tat comme un enjeu social et \u00e9conomique (chapitre 4). Pour alimenter sa chronique, l\u2019auteur s\u2019appuie r\u00e9guli\u00e8rement sur des exp\u00e9riences de conservation. Un de ces exemples porte sur la ville de Bologne qui, dans le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, a d\u00e9velopp\u00e9 \u00ab\u00a0[l]e programme de logements publics pour le centre historique\u00a0\u00bb visant, comme son nom l\u2019indique, \u00e0 restaurer une partie du vieux mobilier urbain pour le convertir notamment en logements sociaux destin\u00e9s \u00e0 la population ouvri\u00e8re (75-76). Il n\u2019\u00e9tait pas question de pr\u00e9server uniquement la fa\u00e7ade d\u2019un b\u00e2timent, mais \u00e9galement de pr\u00e9server, et m\u00eame de retrouver, le tissu humain qui fait la ville. \u00c0 ce sujet, on remarquera l\u2019attention constante de l\u2019auteur aux rapports de classe qui, depuis les ann\u00e9es 1970, avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s de la r\u00e9flexion sur la conservation. Cette consid\u00e9ration lui permet de rappeler un enjeu souvent abandonn\u00e9 par la r\u00e9flexion actuelle, et pourtant li\u00e9 aux politiques de patrimonialisation\u00a0: l\u2019embourgeoisement d\u2019un quartier ou d\u2019un b\u00e2timent quelconque suite \u00e0 \u00a0son inscription sur une liste du patrimoine. Enfin, c\u2019est finalement sur un paradoxe que se termine cette esquisse du paysage de la conservation en Grande-Bretagne. C\u2019est avec surprise que l\u2019on constate que les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es par le gouvernement conservateur (1979-1997) ne limitent en rien les aspirations des associations de d\u00e9fense du patrimoine, au contraire, le nombre de b\u00e2timents ajout\u00e9s aux inventaires du patrimoine ne cesse de cro\u00eetre de 1977 \u00e0 1997 (voir tableau, 84). Or, cette contradiction n\u2019est paradoxale qu\u2019en apparence, comme on le d\u00e9couvrira dans la suite de l\u2019ouvrage&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le c\u0153ur de la publication se situe \u00e0 la fin du chapitre 5 et dans l\u2019ensemble du chapitre 6 o\u00f9 l\u2019auteur affirme que cet \u00ab\u00a0\u00e2ge du consensus\u00a0\u00bb, qui d\u00e9bute dans les ann\u00e9es 1980 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, serait li\u00e9 \u00e0 un processus de <em>patrimonialisation<\/em> selon lequel la valeur d\u2019authenticit\u00e9, qui justifiait autrefois la conservation, serait remplac\u00e9e par les b\u00e9n\u00e9fices que peut apporter celle-ci, notamment en mati\u00e8re d\u2019ambiance urbaine (102). En d\u2019autres mots, c\u2019est un patrimoine dont on attend des b\u00e9n\u00e9fices qui a remplac\u00e9 un patrimoine dont la valeur reposait sur ses caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques (par exemple une architecture singuli\u00e8re ou un r\u00f4le important dans l\u2019Histoire). Si la conservation se porte mieux que jamais, malgr\u00e9 les coupes budg\u00e9taires des gouvernements successifs de Margaret Thatcher et de Sir. John Major, c\u2019est bien parce qu\u2019elle est explicitement li\u00e9e au d\u00e9veloppement \u00e9conomique (121). Toutefois, en abordant la conservation sous une stricte perspective \u00e9conomique, plusieurs enjeux qui la composent sont mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le deuxi\u00e8me mouvement de l\u2019ouvrage (chapitre 7 \u00e0 10), c\u2019est plut\u00f4t un tour d\u2019horizon du milieu de la conservation actuelle qui est fait, et ce, toujours \u00e0 partir de certaines questions, qui r\u00e9apparaissent au fil des pages\u00a0: qui conserve\u00a0? Qu\u2019est-ce que l\u2019on conserve\u00a0? Pourquoi le conserve-t-on\u00a0? Comment le conserve-t-on\u00a0? L\u2019auteur s\u2019int\u00e9ressera dans un premier temps aux enjeux de conservation \u00e0 un niveau local (chapitre 7), pour ensuite les resituer dans un contexte global (chapitre 8). Un des constats principaux qui ressort de son analyse concerne la mise en valeur du patrimoine\u00a0: la conservation appara\u00eet comme un enjeu de pouvoir. Ainsi, ceux qui d\u00e9cident de la pr\u00e9servation d\u2019un lieu ou d\u2019un b\u00e2timent peuvent alt\u00e9rer le r\u00e9cit dans lequel il s\u2019inscrit, soit selon leurs propres convictions ou encore pour mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart certains \u00e9v\u00e9nements \u00e0 caract\u00e8re conflictuel. Par exemple, la mise en valeur qui accompagne le Centre commercial et le port de Liverpool maintient \u00e0 distance le fait que l\u2019architecture en place est fortement li\u00e9e aux b\u00e9n\u00e9fices du commerce de l\u2019esclavage au xviii<sup>e<\/sup> et xix<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (158-161). Par la suite (chapitre 9), l\u2019auteur tentera de pr\u00e9ciser en quoi consiste une conservation \u00ab\u00a0post-moderne\u00a0\u00bb, et ce par rapport \u00e0 la conservation moderne pr\u00e9sent\u00e9e dans le second chapitre de l\u2019ouvrage. Il remarquera entre autres ce que d\u2019autres (Barr\u00e8re\u00a0; Hartog) ont soulign\u00e9 ailleurs\u00a0: d\u00e9sormais <em>tout <\/em>m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pr\u00e9serv\u00e9, des maisons de campagne aux b\u00e2timents ayant jou\u00e9 un r\u00f4le dans l\u2019histoire, en passant par les constructions industrielles ou encore les habitations \u00e0 loyers modiques (HLM). Ce \u00ab\u00a0tout patrimoine\u00a0\u00bb fait en sorte qu\u2019on oublie souvent la v\u00e9ritable raison d\u2019\u00eatre de la conservation. Alors que l\u2019authenticit\u00e9 (celle du b\u00e2ti et du tissu urbain) \u00e9tait la valeur de r\u00e9f\u00e9rence pour les groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u00e9fendant une conception \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb du patrimoine (1920 \u00e0 1960), c\u2019est plut\u00f4t une question d\u2019ambiance urbaine qui importe aux associations post-modernes. Enfin, l\u2019auteur se penche sur une r\u00e9cente volont\u00e9 d\u2019offrir \u00e0 la conservation une dimension plus progressiste, \u00e0 partir de l\u2019id\u00e9ologie multiculturaliste et lib\u00e9rale (chapitre 10). Si l\u2019on remarque dans certains plans de conservation r\u00e9cents un retour \u00e0 des pr\u00e9occupations sociales qui \u00e9taient absentes depuis les ann\u00e9es 1970, ces pr\u00e9occupations concernent toutefois l\u2019inclusion culturelle et identitaire et non pas des inqui\u00e9tudes d\u2019ordre socio-\u00e9conomique, tel l\u2019embourgeoisement. Pendlebury rappelle ici que le patrimoine n\u2019est pas simplement une utilisation contemporaine du pass\u00e9, mais qu\u2019il est socialement construit. Par cons\u00e9quent, m\u00eame si l\u2019on tente d\u2019inclure les minorit\u00e9s dans le processus de <em>patrimonialisation<\/em>, l\u2019encadrement de ce processus reste fa\u00e7onn\u00e9 par la majorit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouvrage se conclut en proposant des remarques g\u00e9n\u00e9rales sur la conservation telle qu\u2019elle est pratiqu\u00e9e actuellement. La principale critique qui est faite au secteur de la conservation est le fait que les gestionnaires du patrimoine ne font pas preuve actuellement de r\u00e9flexivit\u00e9 critique par rapport \u00e0 leurs propres pratiques. C\u2019est par ailleurs l\u00e0 la principale raison d\u2019\u00eatre de l\u2019ouvrage, qui met en lumi\u00e8re certaines interrogations pr\u00e9sentement \u00e9cart\u00e9es par les acteurs du milieu. L\u2019autre critique majeure de l\u2019ouvrage concerne le <em>fa\u00e7adisme<\/em> : Pendelbury d\u00e9nonce une gestion du patrimoine souvent fond\u00e9e sur le visuel et l\u2019apparence et non pas sur la valeur d\u2019authenticit\u00e9 \u00e0 la fois du contenant, mais \u00e9galement du contenu. Enfin, il en appelle \u00e0 \u00e9viter de f\u00e9tichiser l\u2019objet pour tenir compte du tissu urbain qui le compose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour conclure, on soulignera l\u2019unit\u00e9 de l\u2019ouvrage\u00a0: l\u2019auteur fait, tout au long de sa r\u00e9flexion, des liens entre les diff\u00e9rents chapitres et contenus qui composent la publication. Si \u00e0 premi\u00e8re vue le territoire \u00e9tudi\u00e9 peut sembler mince et r\u00e9duire la port\u00e9e des th\u00e8ses soutenues, le fait d\u2019inscrire r\u00e9guli\u00e8rement les enjeux locaux dans un contexte mondial permet d\u2019envisager comment ces assertions pourraient tout \u00e0 fait s\u2019inscrire \u00e0 plus grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">CHRISTINE ALBERT,<br \/>\nUNIVERSIT\u00c9 DE MONTR\u00c9AL<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Ouvrages cit\u00e9s<\/strong><\/h4>\n<p>Barr\u00e8re, Christian, dir. <em>R\u00e9inventer le patrimoine<\/em> :<em> de la culture \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, une nouvelle pens\u00e9e du patrimoine<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan, 2005. Imprim\u00e9.<\/p>\n<p>Hartog, Fran\u00e7ois. <em>R\u00e9gimes d\u2019historicit\u00e9<\/em> :<em> pr\u00e9sentisme et exp\u00e9riences du temps<\/em>. Paris\u00a0: Seuil, 2003. Imprim\u00e9.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Notes<\/h4>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Albert_Pendlebury_conservation%20in%20the%20age%20of%20consensus.docx#_ednref1\">[1]<\/a> 191 \u00c9tats sur les 193 repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019UNESCO ont ratifi\u00e9 la Convention.<br \/>\n<a href=\"#top\">Haut de page<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h2 id=\"Besson-Treleani\" style=\"text-align: left;\"><strong>TRELEANI, MATTEO. <em>M\u00c9MOIRES AUDIOVISUELLES. LES ARCHIVES EN LIGNE ONT-ELLES UN SENS ?<\/em> MONTR\u00c9AL : LES PRESSES DE L\u2019UNIVERSIT\u00c9 DE MONTR\u00c9AL, 2014. IMPRIM\u00c9. COLL. \u00ab PARCOURS NUM\u00c9RIQUES. \u00bb<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"cb-dropcap-small\">L<\/span>\u2019ouvrage de Matteo Treleani, M\u00e9moires audiovisuelles, qui allie une dimension th\u00e9orique et une \u00ab finalit\u00e9 prescriptive \u00bb (21), porte sur un ensemble de capsules audiovisuelles mises en ligne sur le site de l\u2019Institut National de l\u2019Audiovisuel (INA). Ce corpus correspond sp\u00e9cifiquement aux conf\u00e9rences de presse du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle diffus\u00e9es \u00e0 partir de 1958 par la Radiodiffusion-t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise (RTF). Cependant, ce sont moins ces images en particulier, que des rapports dialectiques entre pr\u00e9sent et pass\u00e9, histoire et m\u00e9moire, archives et support m\u00e9diatique, qui int\u00e9ressent le chercheur. Adoptant une approche r\u00e9solument s\u00e9miologique, afin d\u2019appr\u00e9hender ces paires de concepts d\u00e9j\u00e0 r\u00e9guli\u00e8rement travaill\u00e9es par l\u2019histoire et l\u2019archivistique, Treleani se trouve avant tout face \u00e0 un questionnement d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique. Il est confront\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser sa propre m\u00e9thodologie, afin de pouvoir appr\u00e9hender l\u2019objet d\u2019\u00e9tude qu\u2019il se donne. En effet, la science des syst\u00e8mes de signes (la s\u00e9miologie) n\u2019est pas la discipline la plus habitu\u00e9e \u00e0 travailler sur les rapports entre un \u00e9v\u00e9nement historique (telle qu\u2019une d\u00e9claration pr\u00e9sidentielle), sa repr\u00e9sentation audiovisuelle (aujourd\u2019hui devenue une archive) et le r\u00e9emploi de cette derni\u00e8re sur un site. L\u2019auteur rel\u00e8ve cependant ce d\u00e9fi en faisant usage de trois concepts clefs. Premi\u00e8rement, la notion de rem\u00e9diation (Bolter et Grusin) est utilis\u00e9e pour appr\u00e9hender la circulation m\u00e9diatique des s\u00e9quences originales sur diff\u00e9rents supports (passage de l\u2019analogique au num\u00e9rique, par exemple), en diff\u00e9rents lieux (elle est alors nomm\u00e9e relocalisation) et dans diff\u00e9rents films (elle est alors d\u00e9sign\u00e9e par le terme de remontage).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8mement, Treleani consid\u00e8re l\u2019\u00e9cart temporel entre le temps de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et celui de la consultation en ligne \u00e0 l\u2019aune d\u2019un processus de va-et-vient permanent entre d\u00e9contextualisation et recontextualisation. Cela le conduit \u00e0 identifier un paradoxe (79-80). En effet, selon lui, l\u2019absence d\u2019informations sur le contexte original de production et de diffusion conduit \u00e0 des erreurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d\u2019interpr\u00e9tation, mais, en m\u00eame temps, c\u2019est cette absence d\u2019\u00e9l\u00e9ments contextuels qui produit une sorte d\u2019\u00e9tonnement, g\u00e9n\u00e9rateur, chez l\u2019usager, d\u2019un go\u00fbt pour l\u2019archive (cette expression est explicitement emprunt\u00e9e \u00e0 Arlette Farge). Dans ce cadre, l\u2019oubli, le manque, l\u2019\u00e9cart entre usage et contexte d\u2019origine ne sont pas uniquement per\u00e7us comme des pertes, mais aussi comme ce qui permet une utilisation plus riche du document archiv\u00e9. En effet, si dans une premi\u00e8re partie (chapitres 1 \u00e0 4), l\u2019auteur insiste un peu trop \u00e0 notre avis sur une \u00e9quivalence entre rejet de l\u2019anachronisme et \u00ab bonne interpr\u00e9tation \u00bb (33), cette conception dat\u00e9e s\u2019efface dans un brillant cinqui\u00e8me chapitre, justement intitul\u00e9 \u00ab Vertige \u00bb qui, introduisant l\u2019expression d\u2019heuristique de l\u2019anachronisme (Didi-Huberman), conduit \u00e0 penser la question des usages cr\u00e9atifs d\u2019un point de vue au pr\u00e9sent sur le pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Troisi\u00e8mement, selon l\u2019auteur, c\u2019est l\u2019\u00e9ditorialisation du document d\u00e9finie comme l\u2019apport de \u00ab nouvelles ressources cognitives pour interpr\u00e9ter un document publi\u00e9 \u00bb (46) qui constitue une r\u00e9ponse \u00e9thique tout autant \u00e0 une d\u00e9contextualisation incontr\u00f4l\u00e9e, qu\u2019\u00e0 une recontextualisation bridant les usages du document. Ce processus \u00e9ditorial est ici con\u00e7u dans une perspective constructiviste, comme \u00e9tant la cr\u00e9ation d\u2019un nouvel objet. Treleani pose alors un constat : \u00ab le document ne consiste pas seulement dans l\u2019objet culturel cens\u00e9 porter une signification, mais aussi dans les m\u00e9tadonn\u00e9es qui l\u2019entourent \u00bb (77). En somme, la signification que le chercheur interpr\u00e8te ne r\u00e9side pas toute enti\u00e8re dans l\u2019analyse du contenu et de la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019image, mais aussi dans un ensemble de donn\u00e9es fournies par ceux qui l\u2019ont constitu\u00e9 en document. En conclusion, l\u2019auteur pousse les cons\u00e9quences d\u2019un tel constat jusqu\u2019\u00e0 leur aboutissement th\u00e9orique. Si le document est une forme complexe compos\u00e9e \u00e0 la fois de la vid\u00e9o et des m\u00e9tadonn\u00e9es, alors il est aussi n\u00e9cessaire de documenter ces derni\u00e8res avec une m\u00eame rigueur philologique. Il indique ainsi : \u00ab il faut pouvoir expliciter le travail archivistique, le travail historique et le travail rh\u00e9torique et s\u00e9miotique de remise en contexte \u00e0 travers un nouveau m\u00e9dia \u00bb (186). La vis\u00e9e prescriptive annonc\u00e9e en introduction se retrouve dans cette conclusion, l\u2019objectif de l\u2019auteur \u00e9tant alors de promouvoir une conception \u00e9thique de la mise en ligne des archives audiovisuelles de l\u2019INA. L\u2019\u00e9ditorialisation est alors con\u00e7ue comme une r\u00e9ponse strat\u00e9gique afin de d\u00e9passer une conception des sites web du seul point de vue de l\u2019ergonomie des notices et de l\u2019accessibilit\u00e9 des donn\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019usage de ces trois concepts\u2014rem\u00e9diation, recontextualisation et \u00e9ditorialisation\u2014rend donc compte d\u2019une prise de distance vis-\u00e0-vis du paradigme techniciste actuellement dominant dans la conception des archives en ligne. L\u2019un des principaux int\u00e9r\u00eats de cet ouvrage r\u00e9side dans le fait que cette distanciation ne se traduit pas seulement par les r\u00e9sultats apport\u00e9s en conclusion, mais par les th\u00e9ories mobilis\u00e9es et par la tr\u00e8s grande diversit\u00e9 des cas abord\u00e9s. En effet, si la mise en ligne des conf\u00e9rences du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle est compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres types d\u2019\u00e9ditorialisation sur Internet (journaux en ligne, blogues, sites institutionnels), l\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 des peintures datant de la Renaissance, \u00e0 des films et des romans contemporains ainsi qu\u2019\u00e0 des \u00e9crits plus anciens. Il r\u00e9inscrit ainsi les probl\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019archivage \u00e0 l\u2019\u00e9poque du num\u00e9rique au sein d\u2019un temps plus long. Pour cela, son argumentation repose sur une s\u00e9rie de digressions ench\u00e2ss\u00e9es lui permettant \u00e0 chaque fois de circonscrire un peu mieux son objet d\u2019\u00e9tude et les enjeux de son enqu\u00eate \u00e9pist\u00e9mologique. Celle-ci passe notamment par la pens\u00e9e de la m\u00e9moire de Paul Ric\u0153ur, par la microhistoire de Carlo Ginzburg, par les r\u00e9flexions d\u2019Umberto Eco, par la s\u00e9miotique structurale d\u2019Algirdas Greimas, par la th\u00e9orie de la documentalit\u00e9 de Maurizio Ferraris, par l\u2019ing\u00e9nierie des connaissances de Bruno Bachimont et par l\u2019anthropologie visuelle de Marc-Henri Piault.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La richesse de ces r\u00e9f\u00e9rences interdisciplinaires conduit \u00e0 d\u2019autant plus regretter l\u2019absence de trois types de d\u00e9marches. Tout d\u2019abord, il est \u00e9tonnant qu\u2019\u00e0 l\u2019exception de Laurent Veray, Treleani ne fasse pas r\u00e9f\u00e9rence aux historiens du culturel travaillant \u00e0 partir de sources visuelles ou audiovisuelles. Cela s\u2019explique peut-\u00eatre (de mani\u00e8re consciente ou non, telle n\u2019est pas la question) par la trop grande proximit\u00e9 conceptuelle entre la s\u00e9miotique de la culture attentive aux formes audiovisuelles produites dans le pass\u00e9 (dont l\u2019auteur s\u2019efforce de d\u00e9finir les enjeux) et la mani\u00e8re de travailler de ces chercheurs. En effet, depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019un des principaux d\u00e9bats historiographiques de ce champ porte justement sur l\u2019importance \u00e0 accorder soit \u00e0 une d\u00e9marche arch\u00e9ologique (About et Ch\u00e9roux), soit \u00e0 une \u00e9tude de la circulation des formes dans l\u2019espace public (Lindeperg). Dans un cas, il s\u2019agit de pr\u00f4ner un strict retour aux conditions de production de l\u2019image, alors que dans l\u2019autre, c\u2019est d\u2019une v\u00e9ritable histoire du regard qu\u2019il est question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, il est aussi \u00e9tonnant de remarquer, alors que cet ouvrage est publi\u00e9 aux Presses Universitaires de Montr\u00e9al, l\u2019absence de toute int\u00e9gration de la pens\u00e9e de l\u2019interm\u00e9dialit\u00e9, pourtant d\u00e9velopp\u00e9e dans cette universit\u00e9 au Centre de recherches interm\u00e9diales sur les arts, les lettres et les techniques (CRIalt) et au sein de la revue Interm\u00e9dialit\u00e9s. Le num\u00e9ro 18 de ladite revue justement intitul\u00e9 \u00ab Archiver \u00bb aurait certainement pu constituer un point de rep\u00e8re th\u00e9orique important pour la r\u00e9flexion d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019auteur. Enfin, dans une moindre mesure, l\u2019absence de r\u00e9flexions autour du concept de redocumentarisation (mentionn\u00e9 \u00e0 la page 46, mais non d\u00e9velopp\u00e9) est \u00e0 noter. Cela est moins marquant en soi, qu\u2019\u00e0 titre de sympt\u00f4me d\u2019une absence de prise en compte du r\u00f4le actif des usagers dans la d\u00e9finition de la signification des vid\u00e9os mis en ligne. Cette tendance est aussi identifiable par l\u2019utilisation des termes tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9raux de public, d\u2019usager, de spectateur ou de visiteur (117), sans que la multiplicit\u00e9 de leurs r\u00f4les et la diversit\u00e9 des usages de ces vid\u00e9os et plateformes ne soient vraiment au centre de l\u2019analyse. Ainsi, il n\u2019est quasiment jamais question de la culture visuelle des individus ou des communaut\u00e9s, dans cet ouvrage qui porte pourtant comme titre m\u00e9moires audiovisuelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces limites\u2014ou tout du moins ces points de discussion\u2014ayant \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s, il reste \u00e0 r\u00e9affirmer la tr\u00e8s grande qualit\u00e9 et densit\u00e9 th\u00e9orique de la d\u00e9monstration men\u00e9e par Treleani. Enfin, l\u2019articulation entre la publication papier et une version augment\u00e9e accessible gratuitement en ligne est tout \u00e0 fait remarquable. Si le lecteur de l\u2019ouvrage est parfois frustr\u00e9 par l\u2019impossibilit\u00e9 de consulter directement les exemples dont il est question, l\u2019usager de la plateforme cr\u00e9\u00e9e dans le cadre de la collection \u00ab Parcours num\u00e9riques \u00bb (dirig\u00e9e par Michael E. Sinatra et Marcello Vitali-Rosati) est, lui, pleinement satisfait par la consultation d\u2019un ensemble de liens, de r\u00e9f\u00e9rences et de vid\u00e9os int\u00e9gr\u00e9s au corps du texte (voir le site de M\u00e9moires audiovisuelles). Il y a l\u00e0 une forme rare de coh\u00e9rence entre le contenu th\u00e9orique d\u2019un ouvrage questionnant la rem\u00e9diation et l\u2019usage des m\u00e9tadonn\u00e9es sur Internet, et un travail d\u2019\u00e9dition attentif aux potentialit\u00e9s actuelles du web.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">R\u00c9MY BESSON,<br \/>\nUNIVERSITE DE TOULOUSE\u2014JEAN JAUR\u00c8S<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Ouvrages cit\u00e9s<\/h4>\n<p>About, Ilsen et Cl\u00e9ment Ch\u00e9roux. \u00ab L\u2019Histoire par la photographie. \u00bb \u00c9tudes photographiques 10 (2001) : 8-33. Web. 12 f\u00e9v. 2015.<br \/>\nBolter, Jay David et Richard Grusin. Remediation. Understanding New Media. Cambridge : MIT Press, 1999. Imprim\u00e9.<br \/>\nLindeperg, Sylvie. \u00ab Itin\u00e9raires : le cin\u00e9ma et la photographie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019histoire. \u00bb Cin\u00e9mas : revue d\u2019\u00e9tudes cin\u00e9matographiques 14.2-3 (2004) : 191-210. Web. 12 f\u00e9v. 2015.<br \/>\nTreleani, Matteo. M\u00e9moires audiovisuelles. Collection en libre acc\u00e8s. Parcoursnumeriques-pum.ca\/memoiresaudiovisuelles. Montr\u00e9al : Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, 2013-2014. Web. 12 f\u00e9v. 2015.<\/p>\n<p><a href=\"#top\">Haut de page<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h2 id=\"Crouteau-Beghain\"><strong>B\u00c9GHAIN, PATRICE. <em>PATRIMOINE, POLITIQUE ET SOCI\u00c9T\u00c9<\/em>. PARIS : LES PRESSES DE SCIENCES PO, 2012. IMPRIM\u00c9.<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"cb-dropcap-small\">D<\/span>epuis les trente derni\u00e8res ann\u00e9es, le concept de patrimoine conna\u00eet un essor certain dans les recherches men\u00e9es dans divers domaines (histoire, sociologie, anthropologie, architecture, ethnologie, sciences politiques, etc.). L\u2019ouvrage de Patrice B\u00e9ghain intitul\u00e9 <em>Patrimoine, politique et soci\u00e9t\u00e9 <\/em>et publi\u00e9 en 2012 sous Les Presses de Sciences Po, porte d\u2019ailleurs sur ce concept aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0nomade\u00a0\u00bb (5). Dans les premi\u00e8res pages de ce livre, l\u2019auteur m\u00e8ne une enqu\u00eate historique qui nous conduit de la Renaissance (p\u00e9riode o\u00f9 se d\u00e9veloppe chez les humanistes italiens une \u00ab\u00a0conscience patrimoniale\u00a0\u00bb (12)) vers la Rome pontificale puis jusqu\u2019au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en France. L\u2019originalit\u00e9 de sa proposition se situe dans la perspective critique \u00e0 partir de laquelle B\u00e9ghain revisite progressivement ces p\u00e9riodes historiques charni\u00e8res. Le titre de son premier chapitre, \u00ab\u00a0Patrimoine et politique\u00a0: l\u2019affirmation d\u2019un couple\u00a0\u00bb, annonce d\u00e9j\u00e0 de mani\u00e8re embl\u00e9matique la d\u00e9marche de l\u2019auteur. Examinant notamment l\u2019\u00e9volution de la patrimonialisation des monuments fran\u00e7ais de la seconde moiti\u00e9 du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 nos jours, la transformation progressive des monuments monarchiques en monuments patrimoniaux, l\u2019\u00e9mergence du droit patrimonial ainsi que les conflits entre la gauche et la droite au moment de la s\u00e9paration de l\u2019\u00e9glise et de l\u2019\u00c9tat en 1905 (22), B\u00e9ghain d\u00e9montre que si la fonction politique a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t au patrimoine, ledit patrimoine est devenu, progressivement, un sujet de conflits politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir du deuxi\u00e8me chapitre et pour le restant de l\u2019ouvrage, l\u2019auteur \u00e9tudie principalement le cas du patrimoine en France par le biais d\u2019une approche plurielle, tant\u00f4t, historique, politique, ethnologique ou m\u00eame juridique. Il aborde les probl\u00e9matiques d\u2019urbanisme et d\u2019am\u00e9nagement du territoire, par exemple la destruction de quartiers entiers et les divers projets de r\u00e9novations urbaines qui \u00ab\u00a0privil\u00e9gi[ent] le crit\u00e8re esth\u00e9tique \u00e0 la fonction de m\u00e9moire\u00a0\u00bb (47), afin de d\u00e9montrer comment ces pratiques patrimoniales, celles d\u2019hier et celles d\u2019aujourd\u2019hui, rel\u00e8vent parfois d\u2019une \u00ab\u00a0approche restrictive du patrimoine\u00a0\u00bb (41). B\u00e9ghain examine plusieurs cas pour appuyer son id\u00e9e\u2014les \u00e9difices religieux prioris\u00e9s comparativement \u00e0 l\u2019architecture rurale ou industrielle, la \u00ab\u00a0d\u00e9valorisation des formes et des pratiques du quotidien\u00a0\u00bb (45), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019id\u00e9e derri\u00e8re ces propos devient de plus en plus nette tout au long de la travers\u00e9e de ce livre\u00a0: l\u2019auteur d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u00a0juste d\u00e9marche de patrimonialisation\u00a0\u00bb (47) et signale l\u2019importance d\u2019une pratique du patrimoine valorisant la conservation des lieux ordinaires historiquement d\u00e9nigr\u00e9s\u2014\u00ab\u00a0[l]\u2019ordinaire n\u2019a gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 digne de subsister\u00a0\u00bb (139) \u00e9crit-il\u2014lieux autour desquels les hommes et femmes vivent et forment pourtant une communaut\u00e9 et o\u00f9 se jouent des enjeux de socialit\u00e9.<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn1\">[1]<\/a> B\u00e9ghain explore d\u2019ailleurs dans les pages suivantes (dans son quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me chapitre) le nouage entre patrimoine et sociabilit\u00e9 (88) et ce, sans jamais pr\u00e9senter un \u00e9tat des lieux nostalgique\u00a0: c\u2019est bien la d\u00e9fense du \u00ab\u00a0territoire des hommes\u00a0\u00bb (86) ainsi que sa fonction patrimoniale et sociale dont il est question ici\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 chaque \u00e9difice, \u00e0 chaque chose s\u2019attache une histoire, qui est une part de l\u2019histoire de l\u2019individu ou de la communaut\u00e9 qui les ont produits et pr\u00e9serv\u00e9s\u00a0\u00bb (73).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le patrimoine immat\u00e9riel<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si B\u00e9ghain travaille la notion de patrimoine sous diverses coutures tout au long de son \u00e9tude\u2014l\u2019archive, la m\u00e9moire, le territoire, l\u2019identit\u00e9\u2014et fait pour cela plusieurs all\u00e9es et venues entre certaines p\u00e9riodes historiques, on pourrait tout de m\u00eame noter que la p\u00e9riode entre 1960 et 1980, celle o\u00f9 \u00ab\u00a0le peuple entre au mus\u00e9e\u00a0\u00bb (38), constitue l\u2019un des principaux enjeux de l\u2019ouvrage. \u00c0 partir de la seconde moiti\u00e9 du livre, l\u2019auteur reviendra \u00e0 quelques reprises sur cette p\u00e9riode d\u00e9cisive durant laquelle la vie des populations ouvri\u00e8res et rurales a commenc\u00e9 \u00e0 faire l\u2019objet d\u2019expositions, et o\u00f9 \u00ab\u00a0des milliers de citoyens s\u2019emparent de la question du patrimoine\u00a0\u00bb (26). Il y a un \u00ab\u00a0r\u00e9veil de l\u2019opinion publique et la cr\u00e9ation d\u2019une multitude d\u2019associations du patrimoine\u00a0\u00bb \u00e9crit-il, et cette mouvance a jou\u00e9 un \u00ab\u00a0r\u00f4le d\u00e9terminant dans l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle conception et d\u2019une pratique r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e du patrimoine\u00a0\u00bb (27). Abordant \u00e9galement l\u2019arriv\u00e9e des pr\u00e9occupations ethnologiques dans les pratiques patrimoniales autour des ann\u00e9es 1980 ainsi que la question du multiculturalisme en France (et dans une moindre mesure au Canada), B\u00e9ghain constate que \u00ab\u00a0se trouvent r\u00e9unis aujourd\u2019hui [\u2026] comme dans la plupart des pays occidentaux, les \u00e9l\u00e9ments d\u2019une nouvelle crise du patrimoine qui tient tout simplement \u00e0 la diversit\u00e9 des m\u00e9moires et des histoires\u00a0\u00bb (103). C\u2019est sur ce sujet que l\u2019auteur nous livre par la suite les propos les plus incisifs de son ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son chapitre intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019identit\u00e9, entre convergence et diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, il examinera l\u2019instrumentalisation du concept de patrimoine dans les ann\u00e9es 2000 en France<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn2\">[2]<\/a> au profit de la vision d\u2019une identit\u00e9 nationale encourag\u00e9e notamment par le Front national\u00a0: \u00ab\u00a0[t]out se passe comme si la revendication identitaire, qui a progressivement investi le concept de patrimoine, se trouvait prise au pi\u00e8ge de la r\u00e9cup\u00e9ration politique et embarqu\u00e9e dans cette \u201cguerre ethnique totale\u201d [\u2026]\u00a0\u00bb (105). Plus loin (voir son chapitre \u00ab\u00a0Identit\u00e9 nationale et restitution des biens culturels\u00a0\u00bb), B\u00e9ghain soul\u00e8ve par ailleurs combien la restitution des biens culturels se situe au carrefour de probl\u00e9matiques d\u2019ordre nationalistes, identitaires, politiques, juridiques et \u00e9thiques, compliqu\u00e9es qui plus est par une opposition de la part des institutions culturelles mus\u00e9ales europ\u00e9ennes et nord-am\u00e9ricaines revendiquant un genre de statu quo, un \u00ab\u00a0irr\u00e9dentisme universaliste\u00a0\u00bb (133). Ces r\u00e9flexions nous conduisent ainsi vers la derni\u00e8re section de son ouvrage intitul\u00e9e \u00ab\u00a0M\u00e9moire, pouvoir et patrimoine\u00a0\u00bb, dans laquelle l\u2019auteur se porte \u00e0 la d\u00e9fense du \u00ab\u00a0patrimoine immat\u00e9riel\u00a0\u00bb,<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn3\">[3]<\/a> ce patrimoine des m\u00e9moires locales, multiculturelles et vernaculaires. \u00ab\u00a0La question est simple\u00a0\u00bb \u00e9crit B\u00e9ghain\u00a0: \u00ab\u00a0peut-on fonder sur le patrimoine, souvent constitu\u00e9 par les vainqueurs ou \u00e0 l\u2019initiative des puissants, mais parfois utilis\u00e9s par les vaincus comme \u00e9l\u00e9ment de rebond, une communaut\u00e9 de partage\u00a0? Peut-il \u00eatre, autant que l\u2019ont cru ses fervents d\u00e9fenseurs, un \u00e9l\u00e9ment f\u00e9d\u00e9rateur d\u2019une identit\u00e9 commune\u00a0?\u00a0\u00bb (136). Ces interrogations sont capitales pour l\u2019auteur, car elles mettent en lumi\u00e8re l\u2019importance de l\u2019approche critique vis-\u00e0-vis des pratiques patrimoniales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u2019autres mots, il va sans dire que <em>Patrimoine, politique et soci\u00e9t\u00e9<\/em> est le r\u00e9sultat d\u2019une recherche ambitieuse\u00a0: B\u00e9ghain, par le biais de cet essai somme toute assez court (167 pages) nous fait transiter des circonstances sociopolitiques ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 la naissance du concept de patrimoine\u00a0jusqu\u2019aux p\u00e9riodes d\u00e9cisives de l\u2019Histoire en France dans les ann\u00e9es 2000. D\u2019une part, ce livre offre ainsi au lecteur une vue d\u2019ensemble sur le sujet gr\u00e2ce \u00e0 une enqu\u00eate tr\u00e8s vaste, et sans qu\u2019elle ne soit strictement historique\u00a0: on pourrait plut\u00f4t dire que le nerf de cet ouvrage se situe dans la dimension engag\u00e9e que cet auteur apporte sur les probl\u00e9matiques abord\u00e9es. D\u2019ailleurs, la grande attention port\u00e9e au lien social, \u00e0 la m\u00e9moire collective, \u00e0 l\u2019identit\u00e9, aux divers <em>lieux de m\u00e9moire <\/em>(Pierre Nora), aux <em>vies fragiles<\/em> (Arlette Farge)<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn4\">[4]<\/a> ainsi qu\u2019au patrimoine commun et pluriel n\u2019est finalement pas surprenante\u00a0: apr\u00e8s tout, cet essai ne s\u2019intitulait-il pas, dans sa premi\u00e8re \u00e9dition, <em>Patrimoine\u00a0: culture et lien social<\/em> ?<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn5\">[5]<\/a> D\u2019autre part, en remontant les filons de l\u2019Histoire, le livre de B\u00e9ghain nous convie \u00e9galement \u00e0 interroger \u00ab\u00a0le bon niveau d\u2019exercice de la gestion concr\u00e8te des biens culturels\u00a0\u00bb (149), une gestion qui a \u00e9t\u00e9 (et est encore) historiquement r\u00e9glement\u00e9e par l\u2019\u00c9tat (en France et au Canada notamment). La lecture de cet ouvrage encourage ainsi chez le lecteur des r\u00e9flexions qui pourraient d\u00e9passer les fronti\u00e8res fran\u00e7aises. Pour exemple\u00a0: lorsque B\u00e9ghain souligne que les revendications r\u00e9gionalistes\u00a0des ann\u00e9es 1960-1970 et les revendications \u00ab\u00a0ethniques\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1980-1990 (112) ne sont pas uniques \u00e0 la France, ces deux \u00e9volutions ne rappellent-elles pas, en quelque sorte, ce qui eut lieu au Canada \u00e0 l\u2019Office national du film \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, avec les initiatives telles que Soci\u00e9t\u00e9 Nouvelle\/<em> Challenge for Change<\/em> (1967-1980) ainsi que la vague multiculturelle \u00e0 l\u2019ONF \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980\u00a0?<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_edn6\">[6]<\/a> Enfin, on y d\u00e9couvre une s\u00e9rie de questions que Patrice B\u00e9ghain ne cessera de poser, de reformuler, de probl\u00e9matiser et d\u2019approfondir tout au long de cet essai. Ne serait-ce que pour cela, le mot de la fin lui revient\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019y a-t-il, dans cette maison que nous disons commune\u00a0? Des mus\u00e9es, des biblioth\u00e8ques, des \u00e9difices, des objets, des archives, un ensemble de savoirs qui s\u2019\u00e9laborent gr\u00e2ce \u00e0 la recherche, des pratiques sociales et culturelles ; bref des r\u00e9alit\u00e9s mat\u00e9rielles et des donn\u00e9es immat\u00e9rielles. En facteur commun, une relation au pass\u00e9, un legs de m\u00e9moire [\u2026]. Mais quel pass\u00e9, quelle m\u00e9moire\u00a0? \u00c9labor\u00e9s par qui, pour qui\u00a0? Nous avons vu le pouvoir se saisir de cette question \u00e0 diff\u00e9rents moments de l\u2019histoire et lui apporter des r\u00e9ponses id\u00e9ologiques, politiques, institutionnelles, elles-m\u00eames historiquement situ\u00e9es et susceptibles d\u2019\u00eatre remises en cause. Quand on s\u2019efforce de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, d\u2019aller au-del\u00e0 du terme ou du concept de patrimoine, on s\u2019aper\u00e7oit que rien n\u2019est simple ni \u00e9vident. (30)<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">ST\u00c9PHANIE CROTEAU,<br \/>\nUNIVERSIT\u00c9 DE MONTR\u00c9AL \/ UNIVERSIT\u00c9 SORBONNE NOUVELLE\u2014PARIS 3<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Ouvrages cit\u00e9s<\/strong><\/h4>\n<p>Farge, Arlette. <em>La vie fragile. Violence, pouvoirs et solidarit\u00e9s \u00e0 Paris au xviii<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>. Paris\u00a0: Hachette, 1986. Imprim\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212;. <em>Le Go\u00fbt de l\u2019archive<\/em>. 1989. Paris\u00a0: Seuil,\u200e 1997. Imprim\u00e9.<\/p>\n<p>Garneau, Mich\u00e8le. \u00ab\u00a0La culture sous condition du politique \u00e0 l\u2019Office national du film du Canada.\u00a0\u00bb <em>Multiculturalisme et diversit\u00e9 culturelle dans les m\u00e9dias au Canada et au Qu\u00e9bec<\/em>. Dir. Hans-J\u00fcrgen L\u00fcsebrink et Christoph Vatters. W\u00fcrzburg\u00a0: K\u00f6nigshausen &amp; Neumann, 2013. 35-50. Imprim\u00e9.<\/p>\n<p>Nora, Pierre, dir. <em>Les Lieux de m\u00e9moire<\/em>. Tomes I, II et III. Paris: Gallimard, 1997. Imprim\u00e9.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Notes<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref1\">[1]<\/a> La perspective socio\u00e9conomique de cette probl\u00e9matique est explor\u00e9e dans le chapitre suivant (\u00ab\u00a0Du bon et du mauvais usage de l\u2019\u00e9conomie du patrimoine\u00a0\u00bb). L\u2019argument \u00e9conomique et le tourisme patrimonial accordent au patrimoine, pr\u00e9cise B\u00e9ghain, une \u00ab\u00a0l\u00e9gitimit\u00e9 nouvelle\u00a0\u00bb (55).<\/p>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref2\">[2]<\/a> Notamment en 2009, par le d\u00e9bat sur l\u2019identit\u00e9 nationale initi\u00e9 par le gouvernement fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref3\">[3]<\/a> L\u2019auteur entend par \u00ab\u00a0patrimoine immat\u00e9riel\u00a0\u00bb le patrimoine humain, c\u2019est-\u00e0-dire les pratiques ordinaires ou singuli\u00e8res (langues, gastronomie, coutumes, croyances, pratiques quotidiennes, r\u00e9alit\u00e9s rurales, etc.) issues de communaut\u00e9s diverses. B\u00e9ghain rappelle d\u2019ailleurs que ce concept a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0avalis\u00e9 par l\u2019UNESCO en 2003 [\u2026] et mis en vigueur en 2006 [\u2026]\u00a0\u00bb et qu\u2019il implique \u00ab\u00a0une forte valorisation de la notion de transmission de pratiques par une communaut\u00e9 active [\u2026] il est un patrimoine de l\u2019humain et vise \u00e0 promouvoir, en dehors de tout crit\u00e8re esth\u00e9tique, des valeurs de sociabilit\u00e9\u00a0\u00bb (49).<\/p>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref4\">[4]<\/a> On r\u00e9f\u00e8re ici aux travaux de Pierre Nora (<em>Les Lieux de m\u00e9moire, <\/em>tome I, II et III) et d\u2019Arlette Farge (<em>La vie fragile. Violence, pouvoirs et solidarit\u00e9s \u00e0 Paris au xviii<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em> ; <em>Le Go\u00fbt de l\u2019archive<\/em>), ouvrages cit\u00e9s par B\u00e9ghain \u00e0 quelques reprises dans son essai.<\/p>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref5\">[5]<\/a> Cette information se retrouve au verso de la plus r\u00e9cente \u00e9dition de l\u2019essai (<em>Patrimoine, politique et soci\u00e9t\u00e9<\/em>).<\/p>\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Singularity\/Desktop\/Imaginations%20fran%C3%A7ais%20-%20final\/Comptes%20rendus%20-%20reviews\/Croteau_Beghain_Patrimoine%20politique%20et%20societe.docx#_ednref6\">[6]<\/a> Concernant cette hypoth\u00e8se, voir Mich\u00e8le Garneau\u00a0: \u00ab\u00a0La culture sous condition du politique \u00e0 l\u2019Office national du film du Canada\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: left;\"><a href=\"#top\">Haut de page<\/a><\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ALBERT ON PENDLEBURY | CONSERVATION IN THE AGE OF CONSENSUS<br \/>\nBESSON ON TRELEANI | M\u00c9MOIRES AUDIOVISUELLES. 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